L'Iliade et l'Odyssée
L'Iliade et l'Odyssée
Rappel des origines de l'Iliade et l'Odyssée
L'Iliade raconte la fin de la guerre de Troie, qui a été déclenchée par un fait divers :
(Le musicien Offenbach a commémoré l’événement en musique).
Hélène, femme de Ménélas, le roi de sparte, a été enlevée par Paris, fils de Priam, le roi de Troie ; du coup, Ménélas.est allé à Troie pour récupérer son épouse, avec l'aide des rois achéens (les grecs actuels). La guerre a duré dix ans.
Ulysse, un des achéens, permet la prise de la ville grâce au fameux « Cheval de Troie », puis, la guerre finie, entreprend de rentrer dans ses foyers.
Il en sera empêché par les dieux pendant dix ans. Cette errance est contée dans l'Odyssée.
L'étude de l'Illiade par Schliemann, un archéologue allemand, a permis de retrouver le site de Troie.
...Regardons plus précisément l'Odyssée d'Ulysse
On ne sait pas si Homère a réellement existé. Mais on lui attribue la mise en écrit des poèmes de l'Illiade et de l'Odyssée, qui ont été antérieurement chantés par les Aèdes depuis des siècles.
Interprétation littéraire de l'Odyssée
Selon les littéraires, l'Odyssée n'aurait aucune base réelle.
Ils parlent d'affabulation propre à la composition épique. Ils étudient les textes pour y déceler les combinaisons « poétiquement efficaces ».
« Homère a grappillé un peu partout », dit Pierre Vidal-Naquet (Dans « Les collections de l'histoire » N° 24, Juillet -Septembre 2004)
Luc Ferry, le philosophe ex ministre, parle de l'Odyssée comme d'une « géographie rêvée » dans la revue Science et Avenir de Juillet/Août 2017)
Ce serait donc selon eux une création totalement artificielle.
L'Odyssée
Si on pense, à l'opposé des littéraires, que l'Odyssée raconte peu ou prou une réalité concrète, comme Schliemann l'a fait pour l'Illiade, il est intéressant de tenter de retrouver les endroits ou s'est passée l'action.
Victor Bérard
Victor Bérard
Victor Bérard, né en 1864, Helléniste, diplomate et politique, a consacré sa vie à retrouver les sites visités par Ulysse. Il a réalisé une traduction de l'Odyssée, et écrit un livre intitulé « Dans le sillage de l'Ulysse ».
Les idées préconçues de cet helléniste l'ont amené à limiter ses recherches à la Méditerranée, et ses conclusions sont passées dans la mémoire collective: le détroit de Messine serait le site de Charybde et Scilla, le pays des Lotophages serait en Tunisie, le pays des Lestrigons en Corse à Bonifacio, etc .
Il a d'ailleurs effectivement trouvé des paysages idoines, a peu près conformes à la description qui en est faite dans l'Odyssée, à l'intérieur de cette mer.
Mais Victor Bérard n'a pas tenu compte des indications de temps pourtant inscrites dans le texte au même titre que les descriptions, ce qui amène, selon son interprétation, à des vitesses de déplacement incohérentes, ou bien à des passages volontairement ignorés.
Voyons quelle est l'interprétation de V. Bérard:
Au départ de Troie, Ulysse et ses compagnons (12 bateaux) vont au pays des Kikones (c'est la Macédoine actuelle). Ils pillent la ville et tuent les guerriers. Ils sont repoussés par des guerriers venus de l'intérieur.
Le vent du nord (Borée) les pousse jusqu'au cap Malée.
Du cap Malée au pays des Lotophages.
Après avoir doublé le cap Malée, le vent du nord les empêche de remonter vers Ithaque, et une tempête de neuf jours entraîne la flotte au delà de Cythère. Le dixième jour, ils arrivent au pays des Lotophages
Le pays des Lotophages est assimilé par V. Bérard à Djerba, qui est une île, alors qu'Ulysse parle d'un continent.
La durée du voyage annoncée (9 jours), et le trajet imaginé (588 milles nautiques, soit 1090 Km), suppose une moyenne journalière de 65,3 milles, c'est à dire une vitesse de 2,7 nœuds. Cela semble bien peu pour des navires poussés par la tempête.
Du pays des Lotophages au pays des Cyclopes
Partis du pays des Lotophages, ils arrivent au « pays des yeux ronds » qui sont nommés « Les Cyclopes ». (De tous temps, les cyclopes ont été assimilés aux volcans).
Devant cette île, dit l'Odyssée, une « île petite » : Terre excellente, prairies arrosées, molles, propices à la vigne et au blé. Cette île n'est peuplée que de chèvres.
Ulysse, laissant là sa troupe, va sur l'île principale avec quelques guerriers, visiter « une haute caverne », antre d'un monstre à œil unique : Polyphème.
Le site d'arrivée (le Vésuve) désigné par V. Bérard n'est pas une île. On n'y voit pas cette petite île fertile qui est devant (Ischia, citée, ne correspond pas du tout à la description). Quant au « pays des yeux ronds », on n'y voit qu'un seul volcan.
Du pays des cyclopes à l'île d'Eole.
Après s'être débarrassés de Polyphème, ils repartent pour gagner l’île d’Éole : une île qui flotte, dit l'Odyssée, aux murailles de bronze, une roche polie qui pointe vers le ciel.
Les îles éoliennes pourraient convenir (peut-être plutôt à cause de leur nom ?), mais elles sont 17, laquelle est la demeure d'Eole ?
Aller - retour vers Ithaque.
L'odyssée dit : Quand ils repartent, après un mois de séjour où ils ont été bien reçus par Éole, ils ont l'intention de regagner Ithaque.
Éole fait le cadeau à Ulysse d'une outre contenant tous les vents, pour lui faciliter le voyage. Mais les compagnons d'Ulysse ne savent pas ce que contient cette outre, et sont jaloux de ce cadeau.
Le voyage dure neuf jours, puis les compagnons d'Ulysse ouvrent l'outre, pour voir ce cadeau.
Les vents sont libérés, et une nouvelle tempête les ramène à l'île d’Éole, en neuf jours
Bérard considère que ce passage du texte est une enjolivure poétique.
Il est vrai que ce voyage vers Ithaque (neufs jours annoncés) serait exagérément lent : 1,5 noeuds
Il imposerait un passage par le détroit de Messine (Charybde et Scylla selon lui), or le texte n'en parle pas. Et la durée du retour – neuf jours aussi, poussé par la tempête et qui ferait un sacré coude pour repasser le détroit de Messine ne paraît pas bien compatible avec les localisations présentées.
Cela ne colle pas bien, et V. Bérard ignore cet épisode.
De l'île dEole au pays des Lestrigons
Éole, à la suite de ce qui leur est arrivé, les pense maudits par les Dieux, et les chasse.
Ils repartent de cette île, pour naviguer six jours et six nuits.
Le septième jour ils arrivent au pays Lestrigon.
Dans ce pays, les nuits sont courtes : le berger qui part avec ses troupeaux salue un autre berger qui rentre.
Les jours sont longs : un homme courageux pourrait gagner double salaire
Le port, « bien connu des marins », est encaissé entre deux falaises et très allongé.
Les Lestrigons sont de mauvaise humeur et lancent des pierres sur les bateaux.
La flotte est détruite, seul le bateau d'Ulysse en réchappe
Bérard situe le pays Lestrigon en Sardaigne ou en Corse, par identification du port décrit avec Bonifaccio. Le trajet décrit (308 milles) est parcouru en six jours ! ...Moyenne 2 nœuds !... Quant à la durée des jours, même en été, elle ne permettrait pas de gagner double salaire.
L'île de Circé.
Ulysse et ses compagnons restants, laissant là les autres bateaux détruits, gagnent l’île d'Aiaié, demeure de Circé.
Ulysse rencontre un cerf dix cors.
Du sommet proche du mouillage, on voit une plaine basse entourée de mer de toutes parts.
Le Monte Circeo n'est pas situé sur une île. V. Bérard qui a choisi ce site sur la foi de son nom, se défend en disant que les marais présents entre le mont et la terre ont pu être confondus avec la mer ! Pour un Ulysse « aux mille ruses », la confusion n'est pas crédible.
Visite aux Enfers, omis par V. Bérard
Au printemps revenu, Circé dit à Ulysse de faire un voyage aux Enfers, pour consulter le devin Tirésias qui s'y trouve.
Le voyage commence avec Borée, le vent du nord, et continue jusqu'au confluent de plusieurs fleuves des enfers (l'Achéron et le Pyriphlégéthon, le Styx et le Cocyte).
Ulysse rencontre de nombreux disparus, et recueille les prédictions du devin Tirésias.
Victor Bérard ignore carrément ce passage de l'Odyssée.
Les Sirènes, Charybde et Scylla
Revenu des Enfers chez Circé, Ulysse envisage le voyage de retour.
Circé le met en garde contre les Sirènes, des oiseaux à la voix charmeuse.
Puis elle décrit deux routes :
1/ Les Pierres du Pinacle, exposées à l'océan. Seul l'Argo a pu passer devant ces écueils.
2/ Les deux écueils de Charybde (qui engloutit l'eau noire...) et Scylla (qui abrite un monstre.
Victor Bérard propose le détroit de Messine pour site de Charybde et Scylla et l'ile d'Ischia pour héberger les sirènes. Mais on ne voit pas dans cette étape l'itinéraire « exposé à l'Océan ». Et les lieux supposés ne sont pas très conformes aux descriptions.
L'île du trident
Passé les Sirènes, et Charybde et Scylla, on arrive à l’île du Trident dit l'Odyssée. En fait, . le terme « trident » est une traduction élégante faite par V. Bérard . Le texte d'origine parle d’île aux trois pointes : la Trinacrie
Sont là des troupeaux de vaches et de brebis, qu'il ne faut pas toucher (Ils appartiennent aux Dieux)
Le bateau est bloqué par les vents du sud (Notos), qui empêchent de prendre la mer.
Les compagnons d'Ulysse, poussés par la faim, tuent un bœuf d'Apollon.
Les Dieux sont fâchés et punissent les contrevenants : le bateau est foudroyé.
Commentaires : L’ « île à trois pointes » est comprise par Victor Bérard comme une « île triangulaire ». Mais pour la voir comme cela, il faut disposer d'une carte, et il ne semble pas que ce puisse être le cas.
Sur la Sicile :
Bérard situe donc « l’île du trident » en Sicile. Ce territoire est supposé lointain dans le récit de l'Odyssée. Il était en fait très bien connu des contemporains d'Ulysse. Ulysse lui- même, à son retour, rencontre son père Laerte ; il lui raconte une fausse histoire pour dissimuler son identité.
Dans ce discours, il parle d'un « retour de Sicile » (page 871 de l'édition de la Pléiade), et plus loin d'une servante – la femme de Dolios, serviteur de Laerte – sous le nom de « la vieille de Sicile » (page 873), et il ne parle pas de Trinacrie.
En fait, la Sicile faisait partie du monde bien connu des Achéens.
Calypso
Foudroyé par Zeus pour avoir tué les bœufs d'Apollon, Ulysse repasse les écueils de Charybde et Scylla, et dérive pendant neuf jours, accroché à l'épave du bateau.
Il arrive sur une « île océane » : le pays de Calypso.
Commentaires :
Cette dérive aboutissant à Gibraltar ferait parcourir à Ulysse 1074 milles en neuf jours , ce qui correspond à une vitesse de dérive de 4,97 nœuds. C'est beaucoup plus que les vitesses des autres trajets, dont ceux poussés par une tempête !
A nouveau, les vitesses ne sont pas crédibles. Quant à « L'île océane », pas trace !!!
Le voyage de retour
Après un an de séjour, les Dieux, s'inquiètent et envoient Hermès demander à Calypso de libérer Ulysse.
Ulysse construit une embarcation, puis effectue un voyage de dix sept jours pour rentrer chez lui.
Il est seul, tous ses compagnons ont disparu.
En fait, il arrive en Schérie, chez les Phéaciens.
C'est là qu'il raconte son périple au roi de l’île Alcinoos, père de Nausicaa.
Commentaires : Nouvelle incohérence des vitesses : ce voyage de retour qui dure 17 jours, est donc effectué, sur une embarcation, à une moyenne de 3,2 nœuds. C'est moins rapide que la dérive, accroché à une épave, qui l'a amené chez Calypso !
Le départ de chez Calypso débute vers le sud (« Il regardait les Pléiades », dit le texte, et cette constellation est située vers le sud »). La direction des Pléiades n'est pas celle prise dans cette interprétation.
Autres interprétations - La vitesse des bateaux
Des interprétations différentes
Robert Philippe : Agrégé d'histoire, soutient la thèse que L'Odyssée sort de la Méditerrannée. (N° 22 de la revue Planète)
Gilbert Pillot : Helléniste, auteur du « Code secret de l'Odyssée », imagine et recherche un itinéraire extérieur à la Méditerranée..
Alain Bombard le navigateur bien connu, promoteur du canot pneumatique, soutient la thèse de G.Pillot.
Nouvelles propositions :
Les bateaux de l'Odyssée
Quelles étaient les caractéristiques de ces bateaux ?. Le texte de l'Odyssée nous donne des indications :
Ce sont des croiseurs de haute mer. Ils peuvent embarquer 52 rameurs (donnée mentionnée dans le texte de l'odyssée). Il y a donc 26 bancs.
Ils mesurent par conséquent de 20 à 30 mètres de long.
On peut en voir des représentations sur des céramiques, des coupes et des vases.
Et il en a été fait une reconstitution pour le navire des Argonautes, quoique avec 10 paires de rames seulement. Les bateaux d'Ulysse étaient plus longs.
Vitesse et distances journalières
Aujourd'hui, une formule de calcul empirique permet de définir la vitesse maximum possible pour une coque de bateau :
Vitesse critique (nœuds) = 2,4 x Racine carrée de la longueur de flottaison
Soit pour un bateau de 16 m : 9,6 nœuds
Ou pour 20 m : 10,7 nœuds
Et par 24 heures
à 10 nœuds le bateau fait 240 milles (444 Km)
ou à 9 nœuds il fait 216 milles
Voila une indication: les navires en question sont donc capables de naviguer jusqu'à dix nœuds
On remarque que dans l'Odyssée les distances sont exprimées en jours de navigation,.
Pourquoi ?
Dans notre civilisation de voiture automobile, si on pose la question : combien faut-il de temps pour aller, par exemple, d' Avignon à Marseille, la réponse sera : 3/4 heure environ .
La réponse est évidente pour tous, en voiture ; celles-ci sont censées rouler à leur vitesse maximale autorisée, sur la voie la plus courte, et, selon la distance, on répondra en conséquence.
De même chez les grecs, civilisation de marins, une journée de navigation, c'est avec le vent en poupe et la voile qui porte, au maximum de la vitesse possible des bateaux. Soit mettons 9 nœuds . Et à cette vitesse, on parcourt 216 milles marins en 24 heures.
Pour preuves :
Voyage de Télémaque
Télémaque, le fils d'Ulysse, dans l'espoir d'avoir des nouvelles de son père va d'Ithaque à Pylos les dunes, pour aller rencontrer Ménélas, le roi de Sparte, qui fut compagnon d'Ulysse pendant la guerre de Troie; il y a pour ce faire 73 milles mesurés sur la carte, effectués de quatre heures après le coucher du soleil, jusqu'à l'aurore, soit 8 heures sur une nuit de 12 heures.. Cela correspond à une vitesse de 9 nœuds.
Récit de Ménélas
Ce sont seulement deux phrases perdues dans tout le texte de l'Odyssée. Mais elles ne sont compréhensibles que moyennant l'hypothèse de la vitesse de neuf nœuds.
Un jour (24 h) à 9 nœuds font 216 milles ; seule l'île de Chypre correspond à cette distance: elle est à 245 milles d'Alexandrie ou 202 milles de Port Said.
Sur la carte, au sud de Chypre, on voit Nicosie, qui possède à proximité un port, une plage pour échouer, une aiguade, comme le décrit Ménélas. …
Mais il faut supposer une altération du texte : Paphos - une ville au sud de Chypre - au lieu de Pharos. Est-ce invraisemblable en presque 3000 ans de transmission ?
Et Pharos ?
Détruit depuis longtemps, voici une représentation d'artiste de ce qui a donné son nom à tous les phares du monde : un îlot rocheux à quelques kilomètres d'Alexandrie ; pas assez loin, pas de port, pas de plage, pas d'aiguade, bref pas conforme au récit.
Le trajet de Schérie en Phéacie (Corfou) à Ithaque
Le bateau d'Alkinoos, roi de Phéacie, ramène Ulysse en Ithaque en une nuit de navigation. C'est à dire qu'il parcours 90 milles en une dizaine d'heures : Ulysse a le temps, après le coucher du soleil, de boire une dernière coupe avant l'embarquement, pour se réveiller avant l'aurore, au lever de Vénus.(voir les pages 725 et 726 de l'édition de la Pléiade)
Là encore, la vitesse de neuf nœuds se confirme.
Autres remarques
Le récit de l'Odyssée est riche d'allusions aux dieux et à leurs attributs
Ce sont possiblement des indications de direction à prendre.
De même, les principaux vents sont nommés :
Notos : vent venant du Sud
Borée : vent venant du Nord
Zéphyr : vent venant de l'Ouest
Euros : vent venant de l'Est
(Voir Wikipédia)
Ces noms indiquent la direction prise : les bateau grecs, à la voile, naviguent vent arrière.
Le trajet atlantique
L'Odyssée selon Gilbert Pillot
Fort de ces remarques, j'ai pris la peine (et le plaisir...) de suivre le trajet proposé par G. Pillot, avec aujourd'hui l'aide d'internet et surtout de Google Earth. Le résultat est étonnant, les descriptions de l'Odyssée criantes de réalisme devant les sites proposés.
Tout le monde s'accorde à remarquer que la composition de l'Odyssée est disparate, issue de plusieurs sources et de différentes époques. Bien sûr pour la forme, mais pour le fond ? Le récit a très bien pu traverser les différentes façons linguistiques, en racontant la même histoire, qui sert de trame immuable.
En fait, on peut s'étonner que dans ce contexte, il puisse être possible de trouver une coïncidence avec des paysages existants. Il est remarquable que la prise en compte de la vitesse de neuf nœuds ne laisse de côté aucun passage du texte. Et on trouve à l'arrivée des paysages correspondant aux descriptions de l'Odyssée.
Reprenons le voyage
2 eme étape : une tempête de neuf jours
A neuf nœuds, on parcours 216 x 9 milles égale 1944 milles. En partant du cap Malée, on arrive sur un continent, au Maroc, potentiellement à El Ouatia, peu après l'oued Draa, dans un pays cultivant des dattes – le lotos ? - et du kat pour l'oubli ?
La question qui vient à l'esprit est : pourquoi descendre vers le sud au sortir de Gibraltar ? Rien dans le texte ne l'évoque.
La réponse doit être celle d'un vrai marin : au sortir de Gibraltar, il faut compter avec la présence d'un courant de Nord, le courant des Canaries.
On verra dans la suite que le but probablement recherché est l’île d'Eole (Madère) L'inflexion vers le sud de ce trajet sera inévitable (avec les bateaux de l'époque). Les navigateurs devront s'y attendre, et la route pour Madère est justement indiquée dans le récit : Pour revenir à l’île d'Eole, le trajet est jalonné d'îles, et c'est ce chemin que va prendre Ulysse.
La mer est grande ouverte devant le cap Juby.
Mais des îles sont proches : Fuerteventura et Lanzarotte, et l'allusion au fait que Polyphème élève des brebis pourrait signifier : aller vers l'Ouest ?
3 eme étape : Rappel du texte de l'Odyssée:
Partis du pays des Lotophages, ils arrivent au « pays des yeux ronds » (Les Cyclopes).
Devant cette île, une « Ile Petite » : terre excellente, forêts, prairies arrosées, molles, propices à la vigne et au blé. Cette île n'est peuplée que de chèvres.
Ulysse, laissant là sa troupe, va sur l'île principale avec quelques guerriers, visiter « une haute caverne », antre d'un monstre à œil unique : Polyphème.
Voici une photo aérienne de Lanzarote. Il est tentant de l'appeler le pays des yeux ronds, la Cyclopie !
Et devant cette endroit, on trouve une petite ile avec une plage vaste pour échouer les bateaux. Elle est difficile d'accès : des hauts fonds à l'entrée de la baie sont visibles sur la vue aérienne.
Dans le récit d'Ulysse. : « Cette île a dans son port, des cales si commodes que, sans amarre à terre, on laisse les vaisseaux.[....] C'est là que nous entrons : un dieu nous pilotait. »
(cette mention « un dieu nous pilotait », est employée dans l'Odyssée chaque fois qu'il y a une difficulté à craindre : indication précieuse pour la navigation.)
La plage s'appelle encore aujourd'hui « la playa de la caleta », la plage de la cale.
(Une « cale », en termes marins, c'est une pente douce qui permet de mettre à l'eau les bateaux.)
De plus, l'ile est humide et fertile, comme dans la description d'Ulysse.
C'est l'ile de Lobos
Les descriptions de l'Odyssée collent parfaitement avec ces paysages.
Les démêlés avec Polyphème le volcan.
Dans le récit, il apparaît cet intermède, qui a l'avantage de soutenir l'intérêt dramatique et de montrer la malice d'Ulysse. C'est aussi l'occasion de justifier ses malheurs à cause du ressentiment des Dieux bafoués.
Cet épisode a beaucoup inspiré les artistes de toutes les époques.
L'épisode de l'épieu dans l'oeuil du cyclope...
Ulysse fait sortir ses compagnons sous les brebis du cyclope aveuglé.
Polyphème le cyclope lance des rochers sur le bateau d'Ulysse..
Les tourments infligés à Polyphème, fils de Poséidon, offensent ce dernier, qui va poursuivre Ulysse de sa vindicte, et lui causer des ennuis ; Poséidon est appelé l'ébranleur de sol et c'est le dieu de la mer. : les grecs faisaient ainsi le rapprochement entre les volcans et les tremblements de terre.
Après s'être débarrassés de Polyphème, ils repartent pour gagner l’île d'Eole : une île qui flotte, dit le texte, aux murailles de bronze, une roche polie qui pointe vers le ciel.
C'est le portrait de Madère, une île entourée de courants, ce qui peut donner l'impression qu'elle se déplace, donc qu'elle flotte.
La traversée n'est pas précisée dans sa durée, mais elle suit la destination qui mène à Eole, dieu des vents, ce qui serait une indication de la direction Nord Ouest.
Ulysse et ses compagnons bien reçus par le Dieu des vents, qui offre à Ulysse une outre contenant les vents contraires.
Quand ils repartent, après un mois de séjour, ils ont l'intention de regagner Ithaque. Le vent qui les emmène est « l'haleine d'un Zéphir », vent d'ouest. Ils partent donc vers l'est.
Le voyage dure neuf jours, puis les compagnons d'Ulysse, intrigués et jaloux du cadeau fait par Eole à Ulysse, ouvrent l'outre contenant les vents,
et une nouvelle tempête les ramène à l'île d'Eole.
La encore, le récit est cohérent avec la vitesse retenue : le trajet Eole – Ithaque fait 1896 milles, soit 8,8 journées à 9 nœuds.
C'est cet aller–retour qui montre bien que le sens de cette relation maritime dissimulée dans l'Odyssée est d'aller d'abord à l'île d'Eole (Madère).
Après le détour involontaire dû au courant, c'est bien là qu'il faut arriver pour la suite du voyage.
Et pourquoi Madère ? Sans doute parce que cette île est à la latitude de l'entrée de la Méditerranée ; donc facile à trouver et à retrouver en longeant le parallèle à l'aide du suivi de la hauteur du Soleil à midi, qui est le point culminant du soleil dans la journée.
Cette hauteur est facile à contrôler avec des moyens rustiques : le bâton de Jacob ou même tout simplement la main tendue.
Il est facile de constater que 15° (distance angulaire entre l'auriculaire et l'index) correspondent au déplacement du soleil pendant 1 heure.
Eole considére qu'ils sont maudits par les Dieux, et ne veut plus les héberger.
Ils repartent donc de l’île d'Eole, pour naviguer six jours et six nuits.
Le septième jour ils arrivent au pays Lestrigon.
Dans ce pays, les nuits sont courtes : le berger qui part avec ses troupeaux salue un autre berger qui rentre.
Les jours sont longs : un homme courageux pourrait gagner double salaire.
Il faut donc chercher vers le Nord ce point d'arrivée.
Gardons la vitesse de 9 nœuds ; une navigation de six jours et six nuits à 9 nœuds cela fait un trajet de1296 milles (on arrive en Irlande) Le septième jour fait arriver au port (+88 milles pour Killybegs).
L'Odyssée : Le port, « bien connu des marins », est encaissé entre deux falaises et très allongé.
Les Lestrigons sont de mauvaise humeur et lancent des pierres sur les bateaux.
La flotte est détruite, seul le bateau d'Ulysse en réchappe.
Plusieurs sites peuvent correspondre à la description en cet endroit des côtes d'Irlande
Le site de Leenaun
« Une vallée encaissée entre deux montagnes ». Dans le récit de l'Odyssée, le port est appelé Lamos. Sonorité à rapprocher de Leenaun ?
Ou encore dans le conté de Mayo
« Une double falaise, à pic et sans coupure, se dresse tout autour »....
Ou bien plutot Killiberg
« Deux caps allongés, qui se font vis à vis au devant de l'entrée, en protègent la bouche »
Le pays Lestrigon serait donc le nord de l'Irlande : Voilà bien un pays où, en été, à cette latitude, les jours sont longs et les nuits sont courtes.
On y trouve potentiellement un site correspondant à la description qu'en fait l'Odyssée.
Et ce, à une distance de six jours pleins de navigation à partir de l'île d'Eole (avec nos supputations déjà confirmées sur la vitesse des navires de 216 milles par 24 heures)
L’île de Circé
Dans la mythologie grecque, Circé est une sorcière redoutable.
Dans le récit de l'Odyssée, elle vit entourée d'animaux, ce qui la fait assimiler à Artémis la chasseresse. La rencontre avec un cerf dix cors est probablement une allusion de cet ordre.
Ulysse et ses compagnons restants, laissant là les autres bateaux détruits, gagnent l’île d'Aiaié, demeure de Circé.
Là, dit le récit, du sommet proche du mouillage on voit une plaine basse entourée de mer de toutes parts.
Voyage vers l'île de Circé
G. Pillot l'a imaginée comme étant Bara, et cherché sans succès des traces possibles.
Ce pourrait être plutôt Tiree (Hébrides), dans la direction suggérée par l'allusion à Artémis avec la rencontre avec un cerf (vers le Nord-est ?)
Cette île fait partie de l'Ecosse.
L'île de Tirée
Elle est très proche de la description : une ile plate, et un promontoire qui permet de voir au loin.
Mais celle décrite par Ulysse était boisée. Toutefois, les archéologues locaux à Tiree pensent que c'était bien le cas dans ces époques reculées.
La plage de Balephuil qui semble la première qui se présente venant du sud-ouest est située entre deux hauteurs : Kennavara (50 mètres d'altitude) et Ben hynish (130 mètres), ce qui empêche de voir l'ouest et l'est ("ni le point du noroit ni celui de l'aurore") depuis la plage (page 685 de l'édition de La Pléiade). Ulysse s'en plaint ! (Kennavara serait "le cap" et Ben hynish "la guette" - où est installé actuellement un radar, "la balle de Golf")
Il y a bien un "fleuve", où Ulysse rencontre un cerf (l'exutoire du lac de Loch A Phuil), qui coule effectivement entre "La guette" et la plage.
Une raison supplémentaire : lors de la description du voyage de retour, Circé indique l'île des Sirènes comme repère, mais pas Tirée qui serait pourtant sur le chemin en venant de Bara.
Et un autre indice curieux : des fouilles récentes sur Tirée ont mis en évidence un site de l'age du bronze, à un endroit nommé « Circeabol »
La rencontre d'Ulysse.
Dans ces iles, les cerfs sont plus fréquents qu'en Italie...
Circé
Circé la sorcière transforme une partie de l'équipage en pourceaux en leur donnant une drogue (l'ancêtre de Whisky ?).
Ulysse va voir Circé pour récupérer son équipage. Elle tente de le droguer à son tour, mais Hermès a donné l'antidote à Ulysse....
Circé et une moitié de l'équipage
Circé tend une drogue à Ulysse, mais Hermès verse l'antidote
Les charmes de Circé
Les enfers, au pays des Cimmériens
Après l'hiver, le printemps revenu, Circé dit à Ulysse de faire un voyage aux Enfers, pour consulter le devin Tirésias qui s'y trouve.
Le voyage commence avec Borée, le vent du nord (donc vers le sud), et continue tant que dure le jour jusqu'au confluent de plusieurs fleuves des enfers (l'Achéron et le Pyriphlégéthon, le Styx et le Cocyte). C'est le pays des Kimmériens « couvert de nuées et de brumes »... « situé au noroi » (nord ouest)
Ulysse y rencontre de nombreux disparus.
Voyage aux enfers
Quand on vient de Tiree (90 milles , soit 10 heures à 9 nœuds), toutes les indications du texte concordent : distance , direction prise, entrée dans un fleuve, ou dans ce qu'on peut prendre pour tels. Un pays couvert de nuées et de brumes : l'Irlande du Nord correspond bien à la description.
« va jusqu'aux lieux où les deux fleuves se réunissent ... »
Je pense que les bras de mer des abers peuvent aisément être pris pour des fleuves, surtout avec une marée descendante.
Revenu des Enfers chez Circé, Ulysse envisage le voyage de retour.
Circé le met en garde contre les Sirènes, des oiseaux à la voix charmeuse.
Trajet supposé
Les sirènes
Les sirènes antiques étaient des oiseaux à la voix charmeuse.
L'île aux sirènes pourrait-elle être une île chargée d'oiseaux, facilement repérable du large ?
Le récit parle d'un rivage "tout blanchi", disant que ce sont des ossements, des "débris humains dont les chairs se corrompent". L'odeur dégagée par le guano et la blancheur des dépôts celui-ci pourraient-ils justifier une telle évocation ? Et les cris des oiseaux de mer pourraient-ils attirer les marins sur des récifs ?
Quoiqu'il en soit, les représentations que l'on a fait de ces sirènes a beaucoup évolué au cours de ages.
Dans l'antiquité, ce sont des oiseaux :
Puis, au moyen age, elles deviennent des femmes-poissons.
Puis des femmes charmeuses :
Ce ne sont pas les oreilles qu'il aurait fallu boucher !....
Charybde et Scylla
Revenons à la navigation
Circé a décrit à Ulysse deux routes :
1/ Les Pierres du Pinacle, exposées à l'océan. Seul l'Argo a pu passer devant ces écueils.
2/ Les deux écueils de Charybde (qui engloutit l'eau noire...) et Scylla (qui abrite un monstre)
(Le choix à faire entre deux routes évoque-t-il la Balance, direction Est ?)
Charybde et Scylla
Dans la direction supposée, le trajet passe entre l'île de Scarpa, à la côte abrupte, et le nord de l'île de Jura à la côte moins élevée : cela correspond à la description de l'Odyssée.
"...On voit la divine Charybde engloutir l'eau noire: elle engouffre et elle vomit trois fois par jour...."
Cette photo, c'est la réalité du détroit de Corryvreckan...
Et ce tableau, ce sont les marées en été au niveau de ce détroit, visualisées par un logiciel de navigation : il y a bien deux marées hautes et une marée basse (ou deux marées basses et une marée haute) dans une journée (les jours sont longs à ces latitudes).
Il est exact, comme le précise Circé, que l'on est plus en sécurité en longeant Scarba - Skylla.
(Oh ! comme ces noms se ressemblent)
Ce détroit débouche sur l'ile de Jura, où trois sommets alignés (the three paps) suggère avec force le nom d'île "à trois pointes" (Trinacrie).
Plus besoin de carte pour trouver trois pointes à cette île.
Tirésias l'avait annoncé : " ... aussitot qu'échappé à la mer violette, ton solide vaisseau vous mettra sur les bords de l'Ile du Trident " (selon Bérard, ou île du soleil en référence à Apollon, ou encore Trinacrie)
Sont là des troupeaux de vaches et de brebis, qu'il ne faut pas toucher, car ils appartiennent aux Dieux.
Les descriptions de l'Odyssée ont été traduites en images par de nombreux artistes...avec pour l'île du Soleil des vaches dont des cornes sont en forme de lyre - en référence à la lyre d'Apollon.
Et que trouve-t-on sur l'ile de Jura ? des vaches de race Ecossaise...
Le récit dit : Le bateau est bloqué par les vents du sud (Notos) ou de l'est (Euros), qui empêchent de prendre la mer.
Les compagnons d'Ulysse, poussés par la faim, tuent un boeuf d'Apollon.
Les Dieux sont fâchés et punissent les contrevenants : le bateau fait naufrage.
On constate bien que le bras de mer longeant l'ile de Jura est orienté Nord Est / Sud Ouest, et que les abris potentiels sont susceptibles d'être bloqués par les vents de Sud et d'Est
Et l'autre itinéraire évoqué par Circé ?
« ….Les Pierres du Pinacle, exposées à l'océan. Seul l'Argo a pu passer devant ces écueils ..»
A partir de l'île des Sirènes, la route « exposée à l’Océan » est bien en face de l'Océan Atlantique, d’où viennent les perturbations d'Ouest, avec une côte sous le vent pleine d'écueils, ce que détestent les marins, surtout sur un bateau susceptible de dériver par vent de travers.
Ces routes semblent devoir se rejoindre. Peut être pour aller au pays de Galles, et ses mines d'étain ? Mais la suite du récit s'est perdue, ou n'était pas utile.
Revenons à Ulysse:
Foudroyé par Zeus pour avoir tué les bœufs d'Apollon, et désormais sans compagnons, Ulysse repasse les écueils de Charybde et Scylla, et dérive pendant neuf jours, accroché à l'épave du bateau. Il arrive sur une « île océane » : le pays de Calypso.
Problème : Nous avions l'échelle des vitesses de déplacement des bateaux emportés par la tempête, ou en navigation : environ neuf nœuds. Au contraire, il s'agit ici d'une dérive, accroché à une épave, et on ne peut pas appliquer cette règle.
Mais, en relisant le texte de l'Odyssée, on trouve un passage étrangement semblable, où il advient à Ulysse une péripétie comparable : neuf jours de dérive sur une épave, mais cette fois on peut déterminer les points de départ et d'arrivée. La chose se passe en Méditerranée. Diverses considérations (voir le livre de Gilbert Pillot) concluent à une dérive de 1000 km, dans une direction Nord Ouest (cap 330). Ceci, reporté sur la carte, au sortir du détroit de Corriewreckan, nous mène tout droit ou presque sur la côte sud de l'Islande.
Ulysse a tout perdu, et il est accueilli par Calypso sur "l'île océane"
Sur cette île, "Au rebord de la voûte,..., près l'une de l'autre, en ligne, quatre sources..." (p 622 de la pléiade)
Ulysse reste plus d'un an retenu par Calypso, mais les Dieux envoient Hermès pour dire à Calypso de le laisser aller.
Le voyage d'Hermès :
Lorsque Hermès part de l'Olympe pour aller chez Calypso, il passe au dessus de la Piérie, dit le texte. La Piérie est au nord du mont Olympe, résidence des Dieux.
Si on situe l'île de Calypso vers Gibraltar, le trajet d'Hermès n'a pas la même direction ... et ne passe pas au dessus de la Piérie.
Libéré par Calypso, Ulysse construit une embarcation, puis effectue un voyage de dix sept jours pour rentrer chez lui.
Il est seul, tous ses compagnons ont disparu.
En fait, il arrive en Schérie, chez les Phéaciens.
Il arrive sur une plage et y rencontre Nausicaa, fille du roi de Phéacie.
C'est à lui qu'il raconte son périple.
Son trajet de retour débute vers le sud :
« Il regardait les Pléiades »,
Cette constellation est située au Sud...
Puis il va vers l'est :« il faut garder la grande Ourse à main gauche...
Tiens ! Dix sept jours à neuf noeuds, ça correspond !!!
Nausicaa est charmante...
Et après avoir raconté son périple à son père Alkinoos, roi des Phéaciens, ce dernier le fait raccompagner chez lui....à neuf noeuds.
Le reste ne concerne plus cette relation maritime.
Mais que de « coïncidences » que ces correspondances des sites avec le texte, avec des directions des vents indiquées et des délais de route qui suivent l'hypothèse des neuf nœuds !!!
Mais je ne crois pas qu'il soit possible de trouver des "preuves concrètes" de ces "coïncidences". Pour la raison que le récit de l'Odyssée serait, selon G. PILLOT, seulement le prétexte à la conservation orale d'une voie commerciale maritime, qui d'ailleurs a très bien pu être incorporée par cet hypothétique Homère bien après les évocations des pérégrinations d'Ulysse , et qui se dessine d'une façon logique (et marine) pour aller chercher l'or d'Irlande et l'étain du Pays de Galles.
L'absence de preuves maintiendra cette interprétation à l'état d'hypothèse.
Sauf peut-être avec le tombeau d'Elpenor, le marin mort lors de l'expédition aux enfers, dont il est dit dans l'Odyssée qu'il a été érigé sur le cap voisin: des fouilles soigneuses devraient être entreprises pour retrouver une urne contenant les cendres de Elpenor, et ses armes brûlées ? Il y a sur le cap Kennavara un amas de pierres qui pourrait être le tumulus « au point le plus haut du cap » !
Il reste que ces "coïncidences" menant à une cohérence de la relation d'Ulysse avec un trajet atlantique posent question, et méritent selon moi d'être considérées et étudiées, et non pas rejetées au nom de la poésie.
(in english) The Iliad and the Odyssey
The Iliad and the Odyssey
Reminder of the origins of the Iliad and the Odyssey
The Iliad recounts the end of the Trojan War, which was triggered by a news item:
(The musician Offenbach commemorated the event with music).
Helen, wife of Menelaus, the king of Sparta, was kidnapped by Paris, son of Priam, king of Troy; suddenly, Menelaus went to Troy to recover his wife, with the help of the Achaean kings (the current Greeks). The war lasted ten years.
Odysseus, one of the Achaeans, allows the capture of the city thanks to the famous "Trojan Horse", then, the war over, undertakes to return to his homes.
He will be prevented from doing so by the gods for ten years. This wandering is told in the Odyssey.
The study of the Iliad by Schliemann, a German archaeologist, has led to the discovery of the site of Troy.
... Let's take a closer look at the Odyssey of Ulysses
It is not known whether Homer actually existed. But he is credited with writing the poems of the Illiad and the Odyssey, which have previously been sung by the Aèdes for centuries.
Literary interpretation of the Odyssey
According to the literary ones, the Odyssey would have no real basis.
They speak of the fabulation proper to the epic composition. They study the texts to identify "poetically effective" combinations.
"Homer has picked up everywhere", says Pierre Vidal-Naquet (In "Les collections de l'histoire" N° 24, July-September 2004)
Luc Ferry, the philosopher and former minister, speaks of the Odyssey as a "dreamed geography" in the journal Science et Avenir of July/August 2017)
According to them, it would therefore be a totally artificial creation.
L’Odyssée
If we think, unlike the literary ones, that the Odyssey tells more or less a concrete reality, as Schliemann did for the Illiad, it is interesting to try to find the places where the action took place.